Nous entendons beaucoup parler de ce concept : l’effet miroir.
Nous avons appris à l’utiliser pour sonder nos profondeurs et nos angles morts grâce au reflet qu’était l’autre en face de nous.
Comme tout concept cela a conduit à une utilisation à tort et à travers, entrainant une déresponsabilisation et une séparation de plus en plus nourries.
Au fil de mes explorations et observations, j’ai pu identifier à présent 3 états de l’effet miroir. Quand je parle d’état, c’est plutôt 3 configurations ou 3 compréhensions différentes car il m’est difficile de trouver un mot ou un concept adéquat pour expliquer ces observations.
Le but de cet article étant de vous offrir d’autres possibilités de compréhensions quant à l’effet miroir afin de sortir de ce jeu de dualité et entrer dans une compréhension plus profonde et plus juste de ce que vous pouvez vivre par moment avec les autres et dans votre propre processus de reconnexion à soi.
🪞1er état : l’autre est mon miroir !
Le 1er état est celui que nous connaissons tous, c’est celui qui nous indique ce qui se passe en nous et que nous ne voyons pas. À ce moment-là l’autre est un miroir reflétant ce que nous nous refusons de voir, ce que nous occultons ou ce dont nous n’avons pas conscience dans notre propre fonctionnement.
Ce 1er état ou configuration est la plus répandue donc la plus acceptée et mise en pratique. Cependant beaucoup en ont fait un raccourci et plongent dans une recherche sans fin dans ce qu’ils peuvent transformer en eux ou bien découvrir afin de le transmuter.
Mais dans cette configuration se trouve un autre élément qui éloigne la responsabilisation d’un individu ou bien l’empathie que l’on pourrait ressentir pour l’autre.
Sur ce chemin, nous avons pris conscience que l’autre pouvait être un miroir quand nous réagissions à un mot, une posture, une situation, une valeur ou autre. Seulement nous avons aussi pris pour habitude de rejeter ce miroir sur l’autre car les remarques que l’autre pouvait nous faire évoquaient potentiellement son propre miroir. Si ce jeu de ping-pong peut sembler intéressant de prime abord, il n’est en rien constructif dans la relation. Car balancer la phrase « si tu vois cela en moi c’est parce que tu ne l’as pas accepté en toi », ou bien « c’est parce que tu as quelque chose à régler », ne permet absolument pas de créer des relations saines, équilibrées et co-créatives dans l’évolution de chacun.
Je ne vais pas m’étaler sur cette première configuration car c’est celle que l’on expérimente le plus.
🪞 2ème état : je suis le miroir de l’autre !
Le 2e état est plus ou moins identique au 1er , sauf que nous ne nous positionnons pas au centre du processus mais que nous nous considérons étant le miroir ou reflet de l’inconscient de l’autre en face de nous.
Utilisé sans conscience, il nous placera dans une posture de déresponsabilisation, en rejetant systématiquement tout ce que l’autre perçoit en nous comme étant son propre reflet, imperfections et ombres, sans jamais remettre en question nos comportements. Cette posture nous place également en dualité en nourrissant cette séparation et donc en jugeant l’autre comme n’ayant pas atteint un certain état d’évolution spirituelle ou idéal d’Être – selon nos propres critères évidemment !
Ces deux premiers états sont bien sûr à utiliser avec modération, conscience et discernement car nous ne pouvons pas nous extraire de la co-création lorsque nous apercevons quelque chose qui nous dérange ou simplement un trait de personnalité, une caractéristique que nous jugeons selon une échelle de valeur qui nous est personnelle.
🪞Le 3e état : chaque personne est une facette de mon présent, mon passé et mon futur !
Ce 3e état est celui que je préfère car il nous fait revenir à notre juste place : celui de l’être qui expérimente sa vie grâce à tous les acteurs présents dans sa vie. Cette posture nous positionne en tant qu’observateur détaché des enjeux relationnels – ou des jeux d’égos !
Selon cette perspective, c’est comme si nous pouvions être le témoin de chaque étape de l’évolution de la conscience incarnée dans les individus avec lesquels nous sommes en interaction. De ce fait nous nous détachons de toute volonté de contrôle, de justification ou de manque de compassion face à l’expérience de vie que peut vivre l’autre en face de nous.
À ce niveau-là nous pouvons plonger dans la contemplation d’observer chaque individu se prendre au jeu – dans leur propre jeu – et de pouvoir déceler les éléments qui lui sont nécessaires pour son propre cheminement dans son expérience de vie. Idem pour nous.
Même s’il n’est pas aisé de se détacher des drames émotionnels nous « forçant » à rentrer corps et âme dans ces jeux de rôles et bien c’est la seule porte de sortie nous permettant de rentrer dans cette dynamique co-créative avec l’autre.
Chaque opportunité donnée, dans l’interaction avec l’autre, nous invite à plus de compréhension, de détachement et de compassion envers le chemin de chacun. Ne nous donnant plus l’illusion d’être plus avancé ou en arrière, mieux ou moins bien que l’autre. Ça amène à une plus grande ouverture de coeur. Chaque personne étant une fractale de notre propre parcours de conscience, passé, présent et futur. Cela nous montre le chemin parcouru, toutes les difficultés vécues à un certain niveau et les efforts fournis qui nous ont amenés à plus de paix intérieure quant à nos propres défis de vie.
Si nous voulons entrer dans l’ère du « nouveau monde », dans cette ère du verseau, une ère nouvelle amenant – ou plutôt exigeant – de nouveaux modes de fonctionnements, il nous sera demandé d’adopter d’autre points de vue et de sortir de nos carcans étriqués afin d’ensemencer cette nouvelle humanité en soi avant toute chose.
Par ce biais, nous serons le « porte-parole » de cette possibilité relationnelle d’un genre nouveau et inviterons par l’incarnation ou l’expression de cette posture à ce que celle-ci soit plus facilement acceptée et donc transmise à de nombreux autres désirant s’extirper de ces schémas souffrants.

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