Éviter le point de non retour

Devons-nous rester loin des problèmes que vivent les autres, notamment nos proches, sous couvert de ne pas nous immiscer dans leur vie, que ce qu’il se passe dans leur foyer « ne nous regarde pas » ?!

Au niveau du collectif nous avons laissé beaucoup de choses sombres et obscures sous prétexte que cela n’était pas nos affaires. Nous avons laissé passer des occasions parfois vitales d’empêcher des meurtres, des violences, des viols, incestes, et autres obscurités. Voyant ces dysfonctionnements se déroulés au loin de chez nous, nous refermons les rideaux, en se rassurant ou se déculpabilisant que «cela ne nous concerne pas ».

Pourtant lorsqu’on examine les faits, après ce fameux point de rupture, que constate-t-on ?

De la culpabilité, de la honte, de la colère, de la gêne, des remords, un poids immense que porte comme fardeau celui ou celle qui a vu mais qui n’a pas agi. 

En tant qu’individu, nous sommes formatés pour ne pas nous mêler des affaires des autres, et de nourrir cette individualité – je parle bien sûr ici de curiosité et d’attention soucieuses et aimantes, bien au-delà de la médisance ou de la curiosité malsaine. Pourtant nous sommes tous reliés. Nous faisons tous partie de différents systèmes. Notamment le système familial et chaque système familial s’inclus dans un autre. C’est ainsi qu’à l’image d’un engrenage, chaque choix que nous faisons ou pas influence ceux que les autres prendront ou pas. 

J’assiste depuis un certain moment à une émergence de nombreux chaos dans la vie de nombreuses personnes. Des dossiers qui étaient restés en latence attendant leur fameux moment pour sortir de terre. Et quand nous n’avons pas fait le job de regarder en face ce que nous avions à régler, et bien la justice divine fait son oeuvre et nous offre la possibilité de remettre de l’ordre dans notre vie. Cependant nous sommes toujours soumis à la loi du libre arbitre. Nous avons donc le choix, de répondre favorablement à cette opportunité ou bien de continuer à faire l’autruche et d’occulter les responsabilités qui nous incombent.

Je ne suis pas partisane de « reste chez toi, occupe toi de tes affaires, ça ne te regarde pas » ! Pourquoi ? Tout simplement parce que si je vois une personne être malmenée dans la rue, ou si je vois des choses suspectes à l’égard des enfants par exemple (inceste, violences) et bien je ne peux pas rester là sans rien faire en fermant les yeux sous prétexte que cela ne me regarde pas ! Je ne comprends pas ce mode de fonctionnement que l’on a perpétué au fil des siècles. Nous pouvons tous à notre petite échelle, agir, selon le respect de l’autre et de la justice humaine, à attirer l’attention sur un évènement inapproprié ou intolérable, dépassant de loin le respect et l’intégrité de la victime.

Où est passé notre humanité ?

Ce qui revient le plus chez ces personnes qui désirent fermer les yeux, c’est qu’elles ne veulent pas entrer dans ces histoires et avoir de quelconques répercussions dans leur vie. Ça se comprend mais ici on peut aussi soulever la peur du regard des autres, des on-dit, des jugements.

Les apparences sont subtiles et souvent trompeuses. Combien de personnes en apparences bienveillantes et aimantes, attentionnées et au visage angélique n’ont pas été reconnues coupables pour des faits atroces ?! De TROP nombreuses personnes. Combien de personnes dans nos familles n’ont pas été victimes d’actes incestueux ou de viols par des membres de leur famille alors que ces mêmes personnes n’ont pas l’apparence de pervers ?! Trop, bien trop de personnes. Et ces mêmes victimes n’ont pas été entendues car aucun des comportements de ces abuseurs n’ont été reconnaissables car jouant sur les apparences… ? Je vous pose la question.

Nous sommes trompés par les apparences

J’ai regardé la série sur Dahmer, le tueur en série. Et bien croyez-le ou non, j’ai éprouvé énormément d’empathie pour ce meurtrier. Le devrais-je ? Non. Car la série a été tournée pour biaiser nos perceptions. L’histoire racontée nous fait aimer ce personnage. Au-delà de ses actes. Car la mise en scène nous fait perdre le lien avec notre objectivité. Et c’est en cela que des personnes qui nous sont proches et qui commettent des actes affreux ne sont aucunement suspectés coupables. Parce qu’ils jouent sur les apparences et organisent leur mise en scène afin de biaiser notre perception.

C’est comme ça pour tout dans la vie si nous ne faisons pas preuve de discernement. Nous nous laissons entrainer dans les histoires « vraisemblables » ou pas que nous racontent les autres.

Nous tournons chaque histoire selon notre avantage – afin d’orienter l’issue, le jugement et les conséquences.

Parfois c’est conscient, parfois ça ne l’est pas.

Message à tous ceux qui sont sur ce chemin de conscience

Le silence tue ! La parole libère !

En tant que citoyen et surtout en tant qu’humain, nous avons ce devoir, de réagir, de parler, d’attirer l’attention avec justesse et discernement afin que ces personnes ne dépassent pas ce point de non-retour.

Les signes sont toujours là. Quand nous sommes sur ce chemin de conscience et de présence, il nous est plus facile de percevoir et de sentir ces signes avant-coureurs, il y a comme un courant qui nous informe de ce qui pourrait se passer si la ligne n’était pas interceptée ni déviée.

C’est comme si vous saviez que la construction d’un tronçon de la route n’était pas terminé et que vous ne disiez rien à l’automobiliste qui s’y aventure. Sa vitesse ne diminue pas car il ne peut pas savoir ce qui se trouve à quelques mètres de là. Mais vous, vous savez ! Mais vous n’avez rien fait ! Et donc si vous aviez arrêté ce conducteur et que vous l’aviez prévenu, que vous aviez mis en garde des dangers potentiels, et bien il aurait pu intervenir plutôt et éviter ce fameux accident. Il aurait pu changer sa trajectoire.

Beaucoup de personnes se forment afin d’apporter cette aide de façon professionnelle. Ils font de leur mieux mais ont un champ d’action limité. Car le plus grand des enjeux qui peut faire basculer la balance vers plus d’humanité et de fraternité, se joue au niveau individuel avant tout.

Beaucoup de problèmes se situent au niveau de l’organisation sociétale, on le sait bien. Tout est très lent et beaucoup de démarches administratives sont nécessaires. Parfois, malgré cela, on ne peut éviter les drames. C’est un remaniement des bases et des profondeurs de nos systèmes qui est nécessaire, le travail semble colossal et il l’est. Mais c’est avant tout au niveau individuel que cela se joue pour commencer. C’est chacun de nous qui devons changer nos comportements, nos modes d’éducation afin de tendre vers plus d’humanité et de fraternité. 

Nous sommes tous des colibris. Nous pouvons opérer de grandes transformations par de touts petits actes.

Rester à sa place ou être celui qui remet de l’huile dans l’engrenage ?

On va nous dire de rester à notre place – chose que l’on se répète constamment. C’est déjà tout un travail de reprendre sa juste place dans nos systèmes familiaux donc quand il s’agit de personnes extérieures, que devons-nous faire ?

Vu que nous perpétuons des schémas comportementaux obsolètes et dépassés depuis des éons, il faut bien qu’un certain nombre de personnes montrent d’autres voies, n’est-ce pas ?

Quand nous voyons de l’anormalité dans une situation anormale que l’on a normalisé, que devons-nous faire ? Continuer comme avant et perpétuer ce schéma ?

Toute action implique une responsabilité. Et je pense qu’au final c’est de ça qu’on se protège. D’être responsable des conséquences, d’être la personne à blâmer. Cela nous poserait moins de problèmes si cette attitude était valorisée et mise en valeur. Ce qui n’est pas le cas. D’avoir des modèles à suivre nous motiverait. Je fais partie de ces électrons qui permettent ce changement, qui veulent ce changement et qui agissent pour ce changement, à mon échelle et selon mes possibilités. En fais-tu partie ? Fais-tu partie de ces personnes qui sont venus au monde avec ce code de vouloir apporter ce changement ? Celui que tu portes en toi ? Celui qui bouillonne au fond de tes tripes ?

Il en faut du courage pour agir selon ses valeurs et ses convictions.

Chaque porteur de changement est l’huile dans ce grand rouage de la vie.

Être cet électron libre peut provoquer quelques chaos apparents. Mais le chaos est nécessaire à l’harmonie et à l’équilibre

Que pouvons-nous faire pour éviter ce point de rupture chez les autres ?

  • • Être présent
  • • Être à l’écoute
  • • Orienter vers des professionnels adaptés
  • • Partager nos connaissances 
  • • Offrir certaines ressources
  • • Offrir son soutien
  • • Apporter une autre vision
  • • Alerter les autorités compétentes
  • • Contacter des associations en lien avec l’histoire que vit la personne
  • • Oser le dialogue, même si vous pensez que la personne vous rejettera (se savoir soutenu est parfois le bon déclic pour avancer)

Pour les cas plus légers :

  • • Aider à revenir dans le corps ( toucher conscient, auto-massage, yoga, étirements, marche …)
  • • Huiles essentielles relaxantes, apaisantes en olfaction
  • • Fleurs de Bach
  • • Respiration
  • • Câlins
  • • Alimentation
  • ▻ À compléter selon vos connaissances et boite à outils (dev perso, énergétique, spiritualité, somatique)

Surtout ne pas hésiter à suggérer de consulter un psychologue, psychothérapeute ou médecin si vous jugez que l’état de la personne le nécessite.

Le prétexte qui revient souvent est : « mais par quoi commencer, qui aller voir, il y a tellement de types de professionnels ?! »

Oui c’est vrai, mais le plus important c’est de sortir d’une situation bloquée pour remettre du mouvement. Et concernant les professionnels à aller consulter, eh bien il faudra suivre son instinct et son intuition et peut-être consulter plusieurs praticiens de disciplines différentes car nous avons tous notre rôle et nos limites. Aucun professionnel à lui tout seul ne peut permettre une guérison ou libération totales. C’est un tout et c’est en fonction des couches qu’on libère.

Ensemencer la nouvelle humanité

Nous sommes des précurseurs pour rétablir l’humanité dans des valeurs nobles. Si nous trouvons ces systèmes inhumains, c’est à nous d’en devenir les nouveaux modèles. Un petit geste peut sembler énorme pour celui qui est désemparé. Ne sous-estimons pas l’importance de ce type d’aide, aussi minime soit-il. Et qui sait, petit à petit des structures prendront forme afin d’apporter plus d’aide et de soutien de façon holistique, même si je sais qu’il en existe mais elles sont trop peu nombreuses et il y a trop peu de personnel également pour le nombre de personnes en souffrance. 

Mêlons-nous de façon consciente et discernante, en ayant la bonne distance et la bonne posture afin de faire comprendre que « ton problème est mon problème et qu’ensemble nous sommes plus forts ».

L’importance du souci de l’autre pour engendrer une humanité fraternelle.

C’est mon voeu le plus cher.

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